Ne t'es-tu jamais rendu compte à quel point les polititiens ont de la peine à faire passer leurs messages autrement qu'en jouant sur les émotions des gentils électeurs potentiels ? Un exemple
récent qui m'a juste fait sortir de mes gongs : la nouvelle initiative de l'Union Démocratique du Centre (UDC), le parti d'extrême droite suisse, et néanmoins premier parti du Parlement
fédéral.
Cette
initiative propose de modifier la Constitution fédérale de manière à introduire dans le système judiciaire suisse le principe de
la double peine. Si fait, vous avez bien lu, l'UDC souhaiterait pouvoir expulser après la durée de leurs peine de prison les criminels n'ayant pas la nationalité hélvêtique. Mais quels criminels
? Et bien, ceux qui ont commis des crimes de sang, et ceux qui sont reconnus responsables d'un autre crime atroce : avoir osé détourné de l'argent publique à leur fin, j'ai nommé les abuseurs de
l'aide sociale. Pas ceux qui détournent des millions pour construir leur belle villa au bord de mer. Ni ceux qui souhaitent pouvoir profiter d'une retraite sympa. Pas, non plus, ces patrons qui
se barrent au beau millieux d'une crise avec plusieurs millions d'indémnités de départ, juste après avoir annoncé la mise en place d'un "plan de restructuration du personnel" parce qu'il sont pas
foutu de faire les choix stratégiques correctes. Non. Juste ceux qui, peinant à joindre les deux bouts, ont un peu abusé l'administration sur leur situation familiale ou financière. Ceux qui ont
juste profité des failles d'un système mis en place par des politiciens incapables de penser plus loin que le bout de leur prochaines élections.
Par principe, je me pose à l'encontre de l'expulsion d'une personne qui a purgé sa peine, et a donc payé sa dette à la société, ainsi que prévu par le code pénal. Un débat sur le même sujet fut
lancé en France à son époque, avec un nombre plétorique de débats, articles, livres, etc, comme chaque foi où nos voisins français décide de parler pour, finalement, ne rien dire. Vous trouverez
ici un résumé assez correcte de cette affaire, ainsi
qu'un accès à toute la doc législative sur sa réforme. Dans le même temps, l'ex-Ministre de l'Intérieur en charge et néo-Président de la République Nicolas Sarkozy a eu sa propre interprétation
de son texte, preuve en est
cet article très intéressant sur la question, tiré d'un blog d'avocat français bien documenté et
abordant nombre de sujets forts utiles.
Mais revenons à nos moutons. Les techniques de communications politiques sont loin, très loin de respecter les êtres humains que nous sommes. En fait, elles utilisent à outrance l'ignorance du
Peuple en ce qui concerne enjeux politiques, jouant sur des peurs primitives à deux balles, telle que, exemple des plus limpides, la peur de l'Autre. Rien n'est rationnel dans leurs discours,
aucun argument n'est irréfutable suite à une petite réflexion de trois minutes. Et pourtant.
Et pourtant, si tout un chacun prenait ces trois minutes pour réfléchire sur les sujets de votations, ou sur les argumentaires des partis politiques (quelque soit leur obédience), on viverait
dans un monde ou chacun aurait sa place, on comprendrait que non, ce n'est pas l'Etranger (merci Camus) qui est cause de chômage, mais les patrons qui ne font que jouer sur une concurrence
imposée aux travailleurs, on arrêterait de dire que "si on ferme les frontières, ca ne peut aller que mieux" (à prononcer en français fédéral). Bref, si tout un chacun faisait marcher un peu sa
matière grise, on viverait mieux, et moins dans une peur panique de l'Autre. Et si l'on collaborait plutôt que de rentrer dans "une saine concurrence" ? Il n'y a pas de saine concurrence entre
travailleurs. Marx a eu tord sur plusieurs points. Notamment sur la planification possible de l'économie. Notamment, aussi, sur la rationalité de l'homo oeconomicus, qui est aussi au centre de
son modèle économique. Mais il a eu raison sur un point : l'armée de réserve (cf. le
Capital vol. I). Et Brecht a écrit au juste titre que
"tant que le capitalisme existera, la guerre existera" (
L'art et la révolution). Mais je m'égare.
Un exemple vidéo magnifique de ce que donne la manipulation - puisqu'il faut appeler un chat un chat - des politiciens dans les faits :
Le vrai sarkozy
Le pire dans cette histoire ? C'est que ça n'est pas prêt de changer. Vive la politique, vive le monde et... et merde.